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Bien avant la fondation du village
de Granby, en 1825, la rue Principale fait partie de la
voie à la métropole. Les premiers habitants s'établissent
près du pont qui enjambe la rivière Yamaska,
au pied de la rue Mountain, et de chaque côté
du chemin connu sous le nom de "road to Montreal market".
C'est là que Richard Frost établit sa résidence,
que John Horner Jr. construit un moulin à farine
et qu'Horace Lyman exploite un magasin général.
En contrepartie, l'érection
d'une chapelle sur un terrain donné par Louis Guérout
à la mission du Très-Saint-et-Immaculé-Coeur-de-Marie
en 1839 devient un incitatif au regroupement des francophones
qui débutent leur migration dans les cantons. En vingt
ans à peine, le secteur de l'église Notre-Dame
sera devenu le "village français",
en opposition à la partie "protestante"
du haut de la côte.
Il faudra attendre la fin du
XIX siècle pour que les deux villages se rejoignent et
forment une continuité le long de la "Main".
Le principal facteur qui a permis ce rapprochement fut le démembrement
de la propriété St-George en 1893. Des onze
acres appartenant à la paroisse anglicane, dix seront
divisées en parcelles de part et d'autres des nouvelles
rues St-George et Johnson.
Même si on a l'impression
que les deux groupes ethniques vivent en parallèle, la
réalité est toute autre. Les francophones sont
présents dans l'activité économique de Granby,
peu importe où elle se déroule; des commerçants
comme Louis Paré (réseau téléphonique),
les frères Monty (épiciers) ou Simon
Page (hôtelier) s'installent aux côtés
des Savages, Mullins et autres à partir
des années 1880. 
La migration qui accompagne l'ouverture
des grandes manufactures à la fin du XIX siècle
fera pencher définitivement la balance en faveur des francophones.
En 1901, ces derniers représentent déjà
72% de la population de Granby et cette tendance ira en
s'accentuant pour les vingt années suivantes.
À partir de 1930, les
francophones exercent une influence grandissante sur l'économie
et la société de Granby et portent à l'hôtel
de ville Pierre-Ernest Boivin et J.-H. Leclerc.
Un des principaux signes qui accompagne ce mouvement touche la
rue Principale: la "Main" qui pendant
près de cent ans a rappelé les origines anglophones
de Granby, devient officiellement la "rue Principale"
en 1932, la même année où l'on commence à
rédiger les procès-verbaux du conseil municipal
en français. |